mardi, 21 avril 2009

Montée vers Pâques

Tout a commencé le jeudi 9 avril 2009. Journée qui a bien commencé, avec la pêche, je sais que je pars pour la montée vers pâques le soir, et je suis plutôt de bonne humeur et du coup, pleine d’énergie. Je fais plusieurs lessive, range ma chambre en vue de faire un grand ménage… et la journée passe trop vite, il est bientôt l’heure de me dépêcher de faire mon sac. La motivation retombe un peu. J’appréhende de me retrouver face à tout un tas de gens que je connais pas. De marcher, sachant que c’est une montée itinérante. Aussi de me confronter à une spiritualité qui est différente de celle dont j’ai l’habitude… (même si la montée vers pâques de l’année dernière était très bien).
Bref, tout un tas de crainte, pas forcément fondée mais qui font que j’appréhende le départ, je rate même le bus qui je voulais prendre ce qui fait que je serai un peu « short » pour prendre le train.


Arrivée à Renens, j’ai juste le temps de passer à la Coop Pronto prendre une boisson pour que la bouteille puisse me servir de gourde pour la montée. A la gare, je retrouve Jr et Ny (qui sont frère et sœur et dans mon église) qui monte aussi ! Me voilà déjà un peu plus détendue.
Changement de train à Lausanne direction Vevey. Là, on retrouve Maritis, une amie catholique et quelques autres que je connais moins. Je reste en compagnie de Maritis que je n’ai pas vu depuis un ptit moment et profite pour discuter de choses et d’autres.
A Vevey, on prend un petit train qui monte dans la montagne, direction Blonay. Là, on retrouve encore d’autres personnes qui montent. On commence à être une petite dizaine à faire connaissance, échanger… (mon appréhension retombe je pense à ce moment là).


Arrivés à Blonay, tout surpris Jr et moi, on reconnaît l’endroit, on est allé voir Maritis lors d’un concert d’un chœur où elle chantait, le jour de son anniversaire en plus. Il est 18h00, certains estomacs gargouillent pour ma part ça va. On arrive dans la paroisse. On fait quelques jeux de présentation dehors, on nous donne le programme et ça y est, ça commence.
Quelques jeunes sont choisis pour vivre le lavement des pieds pendant que le prêtre lit le texte de Jean 13.

Un passage qui m’interpelle à ce moment là :
Il se leva de table pendant le dîner, posa son vêtement et prit une serviette de lin qu'il se noua autour de la taille. Ensuite, il versa de l'eau dans une bassine et commença à laver les pieds de ses disciples, puis à les essuyer avec la serviette qu'il s'était nouée autour de la taille. Quand vint le tour de Simon Pierre, celui-ci protesta:
---Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds?
Jésus lui répondit:
---Ce que je fais, tu ne le comprends pas pour l'instant, tu le comprendras plus tard
Mais Pierre lui répliqua:
---Non! Tu ne me laveras pas les pieds! Sûrement pas!
Jésus lui répondit: ---Si je ne te lave pas, il n'y a plus rien de commun entre toi et moi.
Je crois que c’est à propos de ce passage que le prêtre a souligné que si l’on accepte pas que Jésus nous lave les pieds, comment accepter qu’il meurt pour nous ?
---Dans ce cas, lui dit Simon Pierre, ne me lave pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête.
Pierre, toujours aussi impétueux ;-)
Jésus lui dit:---Celui qui s'est baigné est entièrement pur, il lui suffit de se laver les pieds. Or vous, vous êtes purs --- mais pas tous. Jésus, en effet, connaissait celui qui allait le trahir. Voilà pourquoi il avait ajouté: «Vous n'êtes pas tous purs.»

Et voilà qui est dur aussi, non seulement Jésus s’abaisse, s’humilie pour laver les pieds à ses disciples, mais en plus en sachant pertinemment qui va le trahir.


Voilà ce qui m’a marqué de ce commencement de messe dans le jardin. Ensuite, nous rentrons dans la chapelle, et là commencent la messe proprement dite. J’avoue à ce moment avoir été assez distraite. Je crois que le texte est celui du départ de Moïse dans le désert mais sans certitude. Je suis plutôt intriguée par le cérémonial de la messe qui cette fois est beaucoup plus « ritualisée » que l’année dernière. Notamment l’encensoir qui est abondamment utilisé (sur le moment, je trouve que c’est vraiment trop. Mais après discussion, je comprendrai mieux).
Je suppose que le texte suivant devait être celui de la passion (mais ces histoires d’encens m’ont vraiment distraites) et vient le rituel de dépouillement de l’église. Le prêtre et les servants enlèvent ce qui recouvrent l’autel, enlèvent les osties, laissent le tabernacle ouvert et éteignent la lumière.

Fin de la messe… on descend se restaurer. On est accueilli par un buffet de viande froide, fromage, pain et vin gargantuesque ! La paroisse de Blonay a vraiment fait les choses en grand !! On est vraiment content. Tous les jeunes que nous sommes profitent d’aller manger dehors pour laisser les paroissiens plus âgés profiter des tables et des chaises, et c’est un immense cercle on l’on discute, fait connaissance… un bon moment !
Le temps avançant, il est temps d’aller prendre nos quartier dans les abris PC (Protection Civile). Petit choc d’évangélique bien pensante, on ne fait pas de dortoirs séparés, mais mixte. Une fois la surprise dépassée, ben voilà, que voulez vous faire dans un sac de couchage avec 40 personnes autour de vous !?!
Je découvre à ce moment que j’ai oublié mon pyjama, tant pis un vieux t-shirt et un pantalon feront l’affaire. Première nuit qui ne me semble pas mauvaise.

Vendredi matin, réveil matinal 6h30… je profite de filer à la douche avant qu’il y ait trop de monde. Je dois attendre un peu mais rien de grave. Rhabillage, remballage de sac, ouf, c’est bon d’être dehors, les abris PC n’ont pas de fenêtres et l'air n'y est pas des plus exquis…
Délicieux petit déj, la paroisse de B fait décidément bien les choses ! Et départ en direction de Corsier. Je ne garde pas un souvenir extraordinaire de ce premier bout de marche, si ce n’est à ce moment là, la satisfaction d’être plutôt au milieu et non à la fin et de constater que je finirai par avoir vraiment mal aux pieds (ce sont les chaussures de marche de Maritis.)
Premier culte dans une petite église protestante que je trouve plutôt jolie. Il y a de jolies fresques et j’aime les versets peints sur les arcs ( ?? ) entre autre « Crois en Dieu, tu seras sauvé toi et toute ta famille ».  Les paroissiens sont contents de voir des jeunes remplir leur église, entraîner de nouveaux chants. Je découvre que F. est diacre et parle très bien du haut de la chaire, mais à nouveau impossible de vous restituer une bribe de ce qui a été dit. Surtout que malgré le café pris le matin, je dodeline de la tête furieusement.
Fin du culte, départ pour Chardonne. Je crois que c’est durant ce trajet qu’il a fait merveilleusement chaud et beau, au point que j’ai fini par être en top à bretelle. On se serait vraiment cru en été. On grimpait dans les vignes avec derrière nous une vue fantastique sur le lac.

Arrivée à Chardonne, nous sommes accueilli chaleureusement par le pasteur de l’endroit qui se joindra à notre marche. Il est midi (passé même), et on nous sert une soupe, parce que c’est encore carême accompagnée de pain et de fromage. François, l’un des animateurs de la montée a quand même eu une petite inquiétude en entendant parler de soupe… on va marcher quand même !
Mais finalement, tout ce passera bien. Nous avons rendez-vous à 13h pour un autre culte dans la chapelle de Chardonne. cette fois. Le pasteur (?), nous fait un parallèle intéressant entre le serpent d’airain de Moïse qui guérit tout ceux qui le voient et la mort de Christ.

Re-départ pour Crêt-Bérard cette fois, où l’on restera un peu plus longuement. Marche de 2 heures environ, où pendant un moment, j’aurai l’occasion de discuter avec N. de diverses choses, entre autre, ce qui nous agacent dans le milieu évangélique. En particulier les personnes qui ne sont pas capables de faire des nuances dans leur jugement, ou dans leur foi. Il me raconte notamment le cas d’une personne enceinte d’un enfant non-viable (pour je ne sais plus quelle raison) et d’une personne dans l’église qui s’est permis de dire que l’enfant serait guéri. L’enfant est mort quelques heures après l’accouchement comme l’avait annoncé le médecin et le couple a quitté l’église.
On traverse différents village où j’ai des connaissances, intérieurement, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ces amies d’uni, j’espère qu’un jour, elles aussi, elles trouveront un peu de foi.

On fini par arriver à Crêt-Bérard. On nous explique qu’en même temps que nous, se trouve un groupe qui fait une retraite en silence, donc nous sommes priés de ne pas faire trop de bruit à l’intérieur du bâtiment. Il est 15h00 et nous sommes invités pour l’office de la « sixième heure » (heures romaines), l’heure à laquelle le christ a rendu l’âme. Il y a une méditation sur les paroles que Christ prononce à la croix, il dit juste l’essentiel, il est cloué, chaque parole lui coûte un effort terrible. Mais même là, même à ce moment là, des gens se rendent compte à quel point c’est scandaleux que cet homme qui n’a rien fait se retrouve crucifié. Le brigand et le centurion.
Christ remet sa vie entre les mains du Père, tout est accompli.


L’office aussi, on sort et on accueilli officiellement à Crêt-Bérard par un café et des gâteaux. Là aussi moment fort sympathique.
Enfin, on va s’installer dans le « pavillon », un espèce de chalet, bâtisse en bois et brique prévue pour accueillir une trentaine de personnes (alors que nous sommes 40), une partie dormira en haut, dans les chambres, le reste en bas, sur des matelas posés par terre. Je fais partie de ceux du bas, mais ce sera très bien ^^. Une chose ou deux que je n’ai pas précisé, on s’était donc bien rassasiés au goûter et lorsque nous sommes arrivés au foyer, une table était dressée, avec encore de la nourriture, des gâteaux, du chocolat, des boissons, des fruits… (oui on n’allait vraiment pas mourir de faim, ce d’autant plus que pour les marches, on avait un sachet plein de fruits secs, pommes, et barres de céréales). J’en ai même encore à la maison. Diverses infos sont données, on s’inscrit aux ateliers, j’hésite entre un ateliers sur les icônes, la poterie et la cuisine. La poterie est prise d’assauts et les icônes me semblant quand même délicat comme sujet, je m’oriente vers la cuisine (surprise à venir !!) Je crois que c’est à ce moment qu’on nous distribue les textes sur lesquels on devra méditer.


Vu qu’il y a de nombreux protestants et quelques évangéliques, les animateurs profitent de ce moment là pour faire un « debriefing » sur la messe de la veille. J’apprends ainsi que l’encens est une manière de montrer « la bonne odeur du christ », que les positions debout, assis à genoux et couché (parfois pour les prêtres) ne sont pas sans signification (mais je ne sais plus exactement lesquelles).
Enfin, on discute assez longuement de ce que signifie l’Eucharistie (par rapport à la Sainte-Cène), pourquoi l’on communie que sous une espèce et rarement sous les deux, etc... C'est très intéressant et du coup, je comprends mieux la messe de la veille. Le tabernacle (l'endroit où les osties sont conservés) laissé ouvert, sans rien de dedans... Jésus « disparaît » de l'église, il est emmené devant Pilate...
On est plus ou moins libre jusqu’à 18h00, heure à laquelle à lieu le prochain office de Crêt-Bérard auquel nous sommes invités pas obligés d’aller. Quelques amis et moi même décidons de prendre ce moment pour visiter le cloître et la chapelle. Le cloître est magnifique, avec en son centre un petit jardin, un étang avec des poissons rouges et même une tortue. J’aime bien cette chapelle (que certains trouveront trop sombre) surtout les carreaux bleu roi qui donnent une atmosphère très douce à l’endroit. Nous avons un texte à méditer avec des questions :


Dans le désert de Sin (Exode 16 : 1-21)
Toute la communauté des Israélites quitta Elim et, le quinzième jour du second mois qui suivit leur sortie d'Egypte, les Israélites arrivèrent au désert de Sin[a], qui s'étend entre Elim et le Sinaï. Là, dans le désert, toute l'assemblée des Israélites se plaignit de Moïse et d'Aaron. 3 Ils leur dirent: Ah! pourquoi l'Eternel ne nous a-t-il pas fait mourir en Egypte où nous étions installés devant des marmites pleines de viande et où nous mangions du pain à satiété? Tandis qu'à présent, vous nous avez fait venir dans ce désert pour y faire mourir de faim toute cette multitude. Alors l'Eternel dit à Moïse: ---Regarde, je vais faire pleuvoir du ciel sur vous du pain; le peuple sortira et en ramassera chaque jour la ration nécessaire. Je le mettrai à l'épreuve de la sorte et je verrai s'il se conforme ou non à mes instructions. Le sixième jour, il y en aura deux fois plus que les autres jours à ramasser et à apprêter. Moïse et Aaron dirent à tous les Israélites : Ce soir vous saurez que c'est l'Eternel qui vous a fait sortir d'Egypte, et demain matin, vous verrez se manifester la gloire de l'Eternel, car il vous a entendu vous plaindre de lui, l'Eternel. Car qui sommes-nous, pour que vous vous plaigniez de nous ? Oui, dit-il, vous le saurez ce soir, quand l'Eternel vous donnera de la viande à manger, et demain lorsqu'il vous donnera du pain à satiété; car l'Eternel a entendu les plaintes que vous avez formulées contre lui. Nous, que sommes-nous? Ce n'est pas de nous que vous vous êtes plaints, mais de l'Eternel.
Puis Moïse dit à Aaron : Ordonne à toute l'assemblée des Israélites de se présenter devant l'Eternel car il a entendu leurs plaintes. Pendant qu'Aaron parlait à toute l'assemblée des Israélites, ceux-ci se tournèrent du côté du désert, et voilà que la gloire de l'Eternel apparut dans la nuée. L'Eternel s'adressa à Moïse et lui dit : J'ai entendu les plaintes des Israélites. Dis-leur donc: «Ce soir, avant qu'il fasse nuit, vous mangerez de la viande, et demain matin vous vous rassasierez de pain, et vous saurez que je suis l'Eternel votre Dieu.» En effet, le soir même, des cailles vinrent s'abattre sur le campement qui en fut recouvert; et le lendemain matin, il y avait une couche de rosée tout autour du camp. Lorsque cette rosée se fut dissipée, on aperçut par terre, sur le sol du désert, un mince dépôt granuleux, fin comme du givre, qui restait. En voyant cela, les Israélites se demandèrent les uns aux autres: Qu'est-ce que c'est ? car ils ne savaient pas ce que c'était. Moïse leur dit:  ---C'est le pain que l'Eternel vous donne à manger.
Voici ce qu'il a ordonné à ce sujet: Que chacun de vous en ramasse autant qu'il est nécessaire à sa nourriture, soit environ quatre litres par personne. Chacun en prendra pour le nombre de ceux qui sont dans sa tente. Les Israélites agirent ainsi: ils en ramassèrent les uns plus, les autres moins. Lorsqu'ils mesurèrent leur récolte, celui qui en avait ramassé beaucoup n'avait rien de trop, et celui qui en avait pris moins, n'en manquait pas; chacun en avait ramassé ce qu'il lui fallait pour manger. Moïse leur recommanda:
---Que personne n'en garde jusqu'à demain matin.  Mais certains ne lui obéirent pas et en gardèrent pour le lendemain; il s'y mit des vers et cela sentait mauvais. Alors Moïse se fâcha contre ces gens. Tous les matins, ils ramassaient donc la manne, chacun la ration nécessaire à sa nourriture. Quand le soleil devenait chaud, elle fondait.


Dans les moments difficiles, de quoi as tu besoin pour avancer ?


Les Hébreux seraient prêts à retourner sous l’esclavage en Egypte par crainte de l’inconnu. Quelle contrainte peux tu supporter  par peur de l’inconnu ou par crainte de te remettre en question ?


Je ne sais plus quel était le flot de mes pensées à ce moment là, mais en résumé, j’ai besoin de Dieu pour avancer (quoique je suis bien consciente que dans la marche, il y a aussi une affaire de fierté, je l’ai fait !) et en ce qui concerne les contraintes, je sais que je suis capable d’en supporter un grand nombre. Grande peur de l’inconnu chez moi ;-)


Mais dans l’ensemble, c’est un moment agréable pour se rapprocher du Père. Tout en prenant doucement conscience que Christ est mort ce jour là pour nous.
Je sèche allègrement l’office et profite pour continuer notre visite avec les autres, des lieux, surtout le clocher duquel on a une magnifique vue.
Souper, puis retour au foyer. On se lance dans nos ateliers respectifs. Je découvre avec stupeur (voilà ce que c’est d’écouter vaguement d’une oreille, mais je ne suis pas la seule surprise) que nous ne cuisinerons pas.


Première déception.


Notre rôle sera de décorer la table avec de petits moulins à vent (répondant à la question quel vent te pousse mais j’y reviendrai) que nous fabriquons de nos petites mains. Je peste intérieurement parce que c’est vraiment un bricolage d’enfants et que je ne suis pas très douée.
Mais ce n’est pas tout, nous devrons aussi faire le service (ça ok), un sketch (beurk) et l’animation qui consistera en une danse israélienne (mouvement de panique interne… on est tous obligé de faire la danse ?? je veux pas, je ne veux pas danser, il en est juste hors de question…) qui nous sera expliquée le lendemain par une dame évangélique (panique qui monte d’un cran, je crains vraiment la caricature de l’évangélique « qui dévisse les ampoules » et qui chasse les démons dans tous les coins, et qui bref)… Je suis fâchée, me demande si je ne vais pas me fouler la cheville exprès pour ne pas danser ou carrément changer d’atelier.

Voilà mon état d’esprit quand se termine l’atelier. Il est 22h00, nous avons une dernière prière entre nous. Tout d’abord on croit que ce sera dans la chapelle de Crêt-Bérard donc nous ne sommes pas habillés pour aller dehors. Mais on nous apprend que ce sera à la Chapelle de Puidoux Certains râlent, vont avoir froid, mais vu que la chapelle n’est pas loin, ça ira très bien.
La méditation porte cette fois sur la mise au tombeau du christ. Les gens n’ont pas pu supporter tant d’amour, que Jésus donne tout comme ça, était juste insupportable. C’est pourquoi il a été crucifié. Et du coup, ils ont tué tout cet amour. Et nous, avons-nous perdu qqn de cher ? Avons-nous perdu quelque chose d’important ? Qu’est-ce qui est fermé chez nous ? Ou qu’avons nous fermé chez les autres ?
Les femmes lavent le corps du christ et le mettent au tombeau.

La tristesse m’envahit peu à peu, Christ est vraiment mort… c’est à ce moment là seulement que je le réalise.

Nous retournons au foyer, là, comme tout jeune qui se respecte un tant soit peu, on fait un peu les fous avant de dormir.

Samedi matin, mon réveil sonne à 6h30, dans l’idée d’aller prendre une douche matinale, mais le sommeil trop profond aura raison de moi. A sept heure, Joëlle une animatrice, entre annonce qu’elle là, qu’elle va allumer… bref, un réveil tout en douceur… même si je n’ai aucune envie de me lever.
Après un ou deux grognements, je finis par m’habiller, on a rendez-vous à l’office de 7h30. De nouveau, je ne me rappelle pas exactement le texte qui est lu, ni ce qui est dit durant cette office. Juste que c’est agréable d’être là, dans le calme. Je crois que la méditation porte sur l’absence de Jésus, le désœuvrement des disciples qui ne sont pas sûr d’avoir cru « juste » et qui repartent.

8h00 petit déj puis départ pour les ateliers. Je continue de pester, d’être de mauvaise humeur et planifie toute sorte de chose pour ne pas faire cette fichue danse. On commence par finir les petits moulins à vent, je ne suis pas plus douée que la veille, mais Cécile et Radj (?) qui sont à ma table s’envoie des vannes, rigolent et finalement je m’y mets aussi, et je trouve même du plaisir dans mon pliage-découpage-bricolage. Christian, l’animateur demande deux ou trois volontaires pour le sketch. Gaël. que je connais se propose spontanément… j’hésite, grogne encore un peu, puis espère que le sketch pourra me « priver » de danse. Je joue le rôle d’Elie, je finis par me prendre au jeu, proposer quelques modifications et durant la marche, j’apprendrai même mon texte par cœur !

10h00 on fait une pause, on discute, délire un peu. Antoine joue la musique du seigneur des anneaux au piano pour mon plus grand plaisir ! 10h30, la « dame-évangélique-qui doit-nous-apprendre-la-danse » arrive. La pause m’a détendue je crois, et c’est presque avec résignation que je la regarde s’installer, nous présenter pourquoi elle danse et ce que cela signifie pour elle. Elle a une jeune fille handicapée qui est avec elle, ainsi que son mari.
Elle nous montre différents pas de danse en groupe et je finis par me prendre au jeu (même si je n’ai vraiment aucun sens du rythme) parce que c’est une danse de groupe. On passera deux heures à apprendre différents pas, enchaînement et finalement choisir deux danses que l’on fera le soir même.

Midi, on file à l’office, on est presque en retard. Christ est toujours mort, absence de mouvement de vie… et pourtant… il y a peut-être quelque chose…
La « dame » interprète une danse à nouveau et, honte à moi, mais je dois me mordre pour ne pas pouffer de rire, parce que cette fois, ça ressemble plus à un mime qu’à une danse. En discutant avec les autres, je verrai que je ne suis pas la seule.
Fin de l’office, midi trente, on va manger dans la joie et la bonne humeur. Je suis un peu triste parce que je sais qu’on va repartir pour une longe marche et j’appréhende un peu.

14h00, départ de la marche, direction Oron. Je ne sais plus par quel lieu on passe exactement, mais on longe une rivière, la Veveyse. dont Damsy (le fiancé de Maritis)  me parle longuement, puis on parle philo, histoire de la suisse, musique… ce premier bout de marche se passe plutôt bien (même si j’ai mal aux pieds).
Les paysages défilent, forêt, rivière, ville, forêt, champs… on marche. Je répète mon texte avec Ny pendant un bon moment « Moi Elie, j’ai pris la nourriture de l’ange, j’ai traversé le désert, je suis aussi monté sur le Sinaï… »
Plus tard dans l’après-midi, François nous arrête on prend le second texte. C’est un texte sur Elie (tiens tiens), le texte que j’ai en résumé dans mon sketch. Le contexte est la confrontation entre Elie et les prophètes de Baal. Après leur petit concours (quel dieu parviendra à brûler les sacrifices), Elie fort content de sa victoire part massacrer 450 prophètes. Puis réalisant que ce n’était peut-être pas une bonne idée, il se retire dans le désert…


[1 Rois 19 : 1-8 ] Achab raconta à la reine Jézabel tout ce qu'avait fait Elie et comment il avait fait périr par l'épée tous les prophètes de Baal. Alors Jézabel envoya un messager à Elie pour lui dire :
---Que les dieux me punissent très sévèrement si demain, à la même heure, je ne t'ai pas fait subir le sort que tu as infligé à chacun de ces prophètes! Elie prit peur et s'enfuit pour sauver sa vie. Il se rendit d'abord à Beer-Chéba, dans le territoire de Juda, où il laissa son jeune serviteur.
---C'en est trop, dit-il! Maintenant Eternel, prends-moi la vie, car je ne vaux pas mieux que mes ancêtres! Il se coucha et s'endormit sous le genêt.
Là, je me reconnais dans le texte… dans ces moments de désespoir où rien ne va plus, où l’on voudrait juste mourir, juste cesser de vivre et tout laisser tomber.
Soudain, un ange le toucha et lui dit:  
---Lève-toi et mange!
Il regarda et aperçut près de sa tête un de ces gâteaux que l'on cuit sur des pierres chauffées et une cruche pleine d'eau. Il mangea et but, puis se recoucha. L'ange de l'Eternel revint une seconde fois, le toucha et dit:
---Lève-toi, mange, car autrement le chemin serait trop long pour toi.
Il se leva, mangea et but; puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, à Horeb.
Ici, je me suis dit que la nourriture et l’eau devait être sacrément nourrissante pour marcher sans boire ni manger pendant 40 jours.


François, l’animateur qui a lu le texte, nous pousse à réfléchir.


Qu'est ce qui peut créer en toi un sentiment de vide, de désespoir ?


Dans ces moments-là, as tu déjà ressenti une présence qui te dit : « Relève-toi ! » Et comment cela se passe t’il ? Sinon, où chercher cette présence ?


La suite de la marche se passe dans le silence jusqu’à la prochaine halte. Dur, très dur de marcher en silence avec ce sujet de méditation. Tout en pensant que Christ est mort (même si je sais qu’il est ressuscité), dans ce contexte, je ne peux m’empêcher de penser à son absence, à sa mort, son tombeau, et de me demander, qu’est ce qui en moi, est encore dans un tombeau, qu’est ce que j’empêche de ressusciter…
Je ne sais pas combien de temps durera la marche en silence mais ce fut je crois l’un des plus durs moments.
Vient la prochaine halte, on est tous un peu secoués je crois par cette méditation. On se remet à discuter tranquillement. Je retrouve Ny puis quelques autres. J’ai de plus en plus mal aux pieds et partout mais je continue de marche en me faisant la réflexion que ce qui me pousse en avant, c’est la fierté de continuer.


Je crois aussi que c’est pendant cette marche que je trouverai un bâton qui va me suivre jusqu’à Moudon !
On arrive à Oron… en fin d’après midi. A nouveau un buffet gargantuesque nous attend. On nous enjoint de bien manger car plus de repas avant 22h, après la veillée pascale. Goûter dans la bonne humeur...


Au bout d’une petite heure, Guy nous annonce qu’il faut repartir… Spontanément et un peu en rigolant, je réponds non que je n’ai pas envie. Guy a t’il vu que j’étais fatiguée ou n’a t’il pas vu que je plaisantais ? Il me propose tout à fait gentiment de faire la suite en voiture. Je souris, rigole et dit que ça ira. Ultime passage au wc et re-départ pour Promasens.
Là, je me rends compte que j’ai vraiment mal aux pieds, que c’est de plus en plus dur d’avancer mais je continue. Même si je suis au fur et à mesure de la marche, de plus en plus dans la queue. Je vais faire connaissance de Joëlle. l’animatrice, qui est aussi une amie de Maritis. On va avoir une super conversation (et perdre les autres en route)…
La fin est vraiment dur pour moi, j’ai de plus en plus mal au pieds, je marche dans l’herbe autant que je peux, et parle de moins en moins.
On arrive à Promasens. Là, pas de répit, on a une demi-heure avant la messe pour répéter rapidement les chants que nous sommes les seuls à connaître, pour entraîner les autres. Je me couche sur mon sac… et les larmes se mettent à couler toute seule. Impossible de les retenir, je suis épuisée, sans force. Joëlle et Evo m’interroge du regard et je leur fais comprendre que je suis seulement épuisée, mais pas triste.
Je finis par me redresser, chanter un peu plus sérieusement, mais je n’arrête pas de pleurer pour autant. Je pleurerais jusqu’à la bénédiction du feu.


Je profite d’une ultime pause pour aller au wc, et me crémer les genoux, j’ai vraiment mal. Puis direction la cathédrale (?) de Promasens. On est en cercle autour du feu, vient la liturgie avec le cierge pascal (que des catholiques sauront sans doute mieux expliquer que moi) qui est allumé depuis le feu (« béni ou consacré » ) et du cierge pascal sont allumés nos petites bougies. Puis, à la suite du porteur du cierge, du prêtre, des servants, nous entrons dans l’église sombre. Tout est éteint, nous apportons doucement une faible lumière. Je trouve cela très beau.
Vient la messe… à nouveau je ne saurai vous dire les textes lus (surtout que l’élocution du prêtre n’aidait pas vraiment)  mais je suis touchée que les évangéliques qui accompagnent la marche soient explicitement cités et pas juste associés aux protestants. J’aime bien l’église où nous nous trouvons, les bandes d’or et d’argent sur les colonnes m’évoquent la nouvelle Jérusalem et le plafond bleu ciel du chœur le ciel. Je me sens à mon aise. Les lectures et lecteurs défilent, j’en reconnais quelques uns (de la marche). Vers la fin de la messe, nous passons à la résurrection, un passage de la Bible que je ne reconnais pas où deux femmes ont vu le Christ ressuscité mais n’ont rien osé dire. La joie emplit mon cœur, il est « enfin » ressuscité ! Vient le moment de l’eucharistie. C’est Pâques, Christ est ressuscité, j’hésite, mais me dit finalement que je ne peux pas refuser cette invitation au repas du Seigneur. Tant pis si je ne crois pas en la présence réelle, je décide de m’avancer et j’en suis contente.

Ensuite c’est le moment de l’échange de la paix du christ, je salue et embrasse nombre de personne… et je me jette aussi dans les bras de Maritis qui est contente de pouvoir jouer du djembé ! (Ça me rassure parce qu’elle a un souci avec sa voix et ne peux plus chanter pour quelques mois encore… de la voir sourire comme ça et pouvoir s’impliquer dans la musique me rassure !)
S’ensuive encore quelques lectures, des chants, et le fameux Resucitò ! Les coups de djembé commence à tomber dans la lecture comme un cœur qui se remet doucement à battre. La lecture se termine et nous commençons le chant. Doucement, puis de plus en plus fort, jusqu’au moment où nous finissons dans une folle farandole dans l’église. On attrape quelques enfants au passage qui sont tout à fait ravi de ce parcours au pas de course dans l’église. Enfin, on s’arrête de courir mais pas de chanter… on est tellement heureux !! C’est Guy qui reprenant la parole pour expliquer notre parcours, nous fera taire.


Ita missa est, je me promène dans l’église avant de sortir. Direction souper. On nous explique encore deux trois choses, et nous vivons un souper de Pâque (à la juive) agneau rôti, pain sans levain, épinards (en guise d’herbes amères) et compote de pomme. Le souper se déroule aussi dans une super ambiance, le plus âgé et le plus jeune du groupe joue au jeu des questions réponses juives (pourquoi cet agneau rôti, pourquoi ces herbes amères, etc …).
Christan, Gael et moi entrons en scène pour notre sketch… petit jeu de réplique entre « Elie » et « Moïse », qui entre celui qui a reçu la loi et celui qui est le prophète, lequel est le meilleur… Puis « Jésus » intervient, montre que les deux se complètent et demande à l’assemblée : « Et toi, quel vent te pousse ? Est-ce une tempête, une douce brise, un typhon qui tourne en rond ? » Nous sommes invités à noter ce qui est notre vent sur les petits moulins à vent qui ornent les tables.
La soirée se poursuit. Il est 1h30 du matin, le prochain rendez-vous est à 2h30. J’hésite à dormir… j’essaye mais finalement j’irai jouer au jungle speed pendant une heure avant le prochain rendez vous.


2h30, rassemblement des troupes, vaseuses mais prête à partir, plus ou moins. On répète encore une fois les quelques chants qu’on entonnera à l’église et en route direction Moudon où nous irons à une célébration œcuménique, un « culte de l’aube ». On se met en route à 3h00. J’ai encore mal aux pieds et après quelques mètres, je décide de mettre mes baskets. Du coup, j’ai toujours mal mais à des endroits différents. On pars de Promasens en emportant avec nous sur les flambeaux, le feu. C’est aussi une belle image je trouve que de marcher au cœur de la nuit avec ce feu là et de l’apporter à Moudon pour allumer le cierge pascal aussi.
Cette marche sera la plus dure pour moi, j’ai mal mal mal, je marche avec Ny, main dans la main, et je pense que j’ai dû lui broyer les doigts plus d’une fois.


On longe aussi une rivière, le paysage est magnifique ! Et malgré ma douleur, j’apprécie tout cela, et je pense aussi à Christ qui a souffert lors du chemin, lorsqu’il portait sa croix, qu’il était fouetté.
Pour m’encourager (ou s’encourager mutuellement ?!?) Ny et moi chantons quelques chants. Aussi bien des chants de Taizé, que des que nous avons appris, que des chants du JEM.


On fini par arriver à Moudon On attend dehors près d’une demi-heure je ne sais plus pourquoi, mais il est agréable de s’asseoir et de ne plus bouger.


Finalement, on rentre dans l’église aussi toute sombre. Il y a quelques lectures et Evo qui porte le flambeau fait son entrée et amène la lumière, du feu de Promasens. De même nos petites bougies sont rallumées à partir du cierge pascal et la cérémonie commence. Que vous dire si ce n’est qu’après mettre mis de la cire sur les chaussettes et mon pantalon qu’il était peut-être mieux de l’éteindre... Après une nuit blanche, il est vraiment dur de suivre une célébration !
L’atelier dont je faisais partie présente une danse (mais je les ai un peu lâché à ce moment-là … ) en accompagnant ceux qui porte des masques et vont les poser sur l’autel, comme signe de faire tomber les masques devant Dieu.
Il y a la Cène œcuménique qui me semble très étrange… un mélange qui me semble sonner creux, de liturgie catholique et rites protestants. Je la prends parce que c’est pâques… mais je reste perplexe.
Enfin, comme à la veillée pascale, nous terminons sur le Rescusitò qui malgré notre fatigue ne veut pas s’arrêter non plus.
Puis nous partageons avec les paroissiens un petit déjeuner… et c’est la fin, les au revoir et la promesse de se revoir l’année prochaine pour certains.


mercredi, 04 juin 2008

Philosophe et Chrétienne ?

Tu es en philo ?? Ce n'est pas trop dur ? Moi je pourrai pas.
Combien de fois les ai-je entendu ces petits mots qui semblent anodins à première vue et qui sont pourtant si lourds de sens.
Un (jeune) chrétien qui fait ses études en médecine, en droit, en sport, à l'epfl ou dans le social... Rien de plus normal.
En biologie à la limite : Et la théorie de l'évolution tu en penses quoi ?...
Mais pas en philo (et encore moins en théologie dans une université laïque, mais c'est une autre histoire). Oh non, surtout pas. Il ne faudrait quand même pas étudier des penseurs athées.
Vous imaginez un peu, un jeune chrétien qui lirait du Platon, ou pire encore du Nietzsche...

Ce serait scandaleux. Il pourrait remettre en question sa foi (et la perdre). Il pourrait se mettre à réfléchir, à penser et à avoir de l'esprit critique. Non, mieux vaut qu'il reste un brave un mouton docile, bêlant des « amen » et des « alléluiah » tendrement au moindre propos. Il vaut mieux qu'il suive les autres, là où on lui dit d'aller. Va voir le grand ministère international, donne ta dîme, engage-toi pour aider le secteur de l'enfance, [et n'hésite pas à surcharger ton agenda avec toutes les activités chrétiennes du moment]. Le chrétien doit s'engager au sein de sa communauté.

Non, sérieusement. Je crois qu'un peu de jugeote n'a jamais fais de mal à personne.

En ce qui concerne la philo, je crois que c'est du même domaine. C'est vrai qu'il y a des personnes plus sensibles que d'autre, et peut-être moins apte à envisager certaines remises en question, et pour qui douter de certaines choses peut-être très déstabilisant. Pour ceux là, je leur donnerai le même conseil que Descartes dans la Méthode, se faire « une morale par provision » (Troisième partie). C'est à dire, pour moi, dans ma réflexion savoir quelles sont les choses que je considère comme indubitables. Et dès, lors, je peux oser risquer ma foi sur la route du doute. Lire des philosophes, chrétiens, athées, anti-chrétien, ou ne se revendiquant même pas d'une quelconque appartenance permet de réfléchir, de penser sa foi, et de savoir où l'on se situe. La foi, c'est une part de nous, mais c'est aussi une part de l'Autre, une part de Dieu qui l'alimente. Je crois que ma part, je peux et veux la réfléchir, non pas l'intellectualiser, mais la penser. Savoir comment je veux l'exprimer, quelle(s) attitude(s) je considère comme du respect envers autrui, et lesquelles je trouve intrusives. On entend souvent que la foi, c'est croire parce que c'est absurde (belle déformation de la pensée de Pascal), la raison n'a pas à s'en mêler. Je ne crois pas, je veux une foi raisonnable.
C'est un beau paradoxe que je viens d'énoncer là, car dans ce que je crois, il y a bien des choses qui ne sont certainement pas rationnelles, ni même raisonnables.
En soi, c'est certain, le premier pas de foi, non ce n'est pas quelque chose de raisonnable. Commencer à croire en Dieu qui a commencé de transmettre son savoir il y a des milliers d'années, croire qu'un être infini puisse avoir créer des être finis... et qu'il puisse avoir un « face à face » entre le créateur et sa créature. Non, ce n'est de loin pas rationnel. Raisonnable peut-être, il y a sans doutes des croyances plus farfelues que celle-ci. Ce que je veux dire par foi raisonnable, ce n'est pas non plus une foi qui limite Dieu, car limiter un être infini n'aurait pas de sens.
Non, par foi raisonnable, je veux dire une foi qui s'appuie sur les textes bibliques, sur les réflexions des philosophes chrétiens (dans lesquels je mets aussi bien Saint-Augustin que Calvin), mais aussi sur ma propre raison. Je ne suis pas sûre que bienheureux les pauvres d'esprits signifie bienheureux êtes vous, vous les simples d'esprits car pour vous croire est plus facile. Non, je crois qu'il s'agit « simplement » de reconnaître notre finitude face au Créateur. Accepter qu'il y a des choses que l'on puisse pas comprendre. Cela ne veut pas dire de ne pas chercher, c'est dans notre nature de nommer, et de s'approprier le monde, mais de reconnaître aussi, que l'on n'a pas de prise sur tout. Et notamment, pas du tout sur le mal, la maladie, la souffrance. La Bible ne donne pas d'explication, et le seul recours que nous avons est de continuer à croire, envers et contre tout, que Dieu est tout même là.
Par foi raisonnable, je veux aussi dire, que je ne vais pas croire n'importe quoi, sans le passer au filtre de l'esprit critique (tiens il n'est pas pauvre celui là). J'ai vu et entendu trop de prétendus grands ministères prétendre des choses qui n'arrivent pas, qui sont fausses... ou des truismes.
Par foi raisonnable, je veux aussi dire qu'il en va de MON choix de jouer à des jeux de rôles, de LE faire avant le mariage ou pas, etc...
Paul nous met en garde contre les viandes sacrifiées aux idoles, il ne nous interdit pas d'en manger, simplement, que cela ne soit pas une occasion de chute pour un plus faible. Certaines choses sont semblables, je peux en consommer, pour autant que je sache que ces choses sont innocentes, tant que je ne mets pas à croire superstitieusement à ce qu'il pourrait se cacher derrière.

Pour en revenir à la philosophie, ce n'est peut-être pas quelque chose que je conseillerai à tout le monde. Par (mal)chance, j'ai le goût des études, de me poser des questions (plus ou moins existentielles selon la saison) et la philo m'a permis d'élargir mes horizons de réflexions, d'augmenter mes capacités à penser abstraitement, et de mieux comprendre les autres. La philosophie permet également de voir comment les autres perçoivent ma foi, et se situent par rapport à elle. De voir comment un auteur, quand il dit Dieu, peut parler d'un concept totalement abstrait qui tend plutôt à toute forme de vie dans la nature, alors que moi quand je dis Dieu, je parle du Dieu trinitaire, Père, Fils et Saint-Esprit.
Ce qui n'est peut-être pas donné à tout le monde, mais faire preuve d'un peu d'esprit critique et de recul par rapport à ce que l'on vit, permet de mieux le vivre, et de mieux le faire comprendre.
Non, ce n'est pas trop dur d'être en philo.
Non ce n'est pas trop dur d'être chrétienne et en philo.
Ras le bol qu'on nous prenne pour des moutons... de Panurge.

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Une contributrice de Wikicanaan 

jeudi, 03 janvier 2008

Voeux pour 2008

Pour cette nouvelle année, j'ai retrouvé un vieux poème qui résume tout ce que j'aimerais vous souhaiter.
Je ne sais pas si c'est la meilleure traduction du poème de Max Ehrmann (Desiderata of Happiness, 1927), mais c'est dans ces mots que je l'ai lu la première fois.

Desiderata

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.
Dites tout doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.
Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit- elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies.

Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Tâchez d’être heureux.

 


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mercredi, 28 novembre 2007

Nouvel an à Taizé

384eeede153ebdce9193af736ad26ea8.jpg30'000 jeunes de toute l'Europe débarque à Genève le 28 décembre et resteront jusqu'au premier janvier 2008.

Mais que viennent-ils donc faire en Suisse ? A Genève en plus !!??

- Cette année la rencontre européenne de Taizé à lieu à Genève.

Fondée en 1940 par frère Roger, alors pasteur genevois, Taizé est une communauté de frères qui accueille aujourd’hui des milliers de jeunes en Bourgogne, durant toute l’année. Taizé est un espace de rencontre et de partage privilégié, à vocation oecuménique : permettre la rencontre de jeunes issus de réalités fort diverses, guérir les blessures chrétiennes de l’histoire et, à travers ce chemin de réconciliation, mettre les jeunes chrétiens en situation de dialogue.

Par sa vocation oecuménique, la prière de Taizé permet que tout les chrétiens, quelque soit leur confession puissent se retrouver autour de ce qui fait leur foi. Mais aussi de vivre une expérience très particulière, puisque ce seront des jeunes de toutes l'Europe qui seront là. Taizé, rime avec simplicité, car ces jeunes n'iront pas dormir dans des hôtels, mais chez vous !!!

Oui, chez vous, si vous êtes prêts à vous lancer dans l'aventure, la découverte de l'autre...

Enfin, j'aimerai simplement ajouter qu'il y a des prières de Taizé organisée un peu partout si vous êtes curieux de savoir ce que c'est. Que dans votre paroisse il y a certainement au moins une personne qui est au courant de ce que c'est. 

Et même si ce n'est pas le cas, je vous invite à au moins aller voir ce que c'est une fois.

Ici, les prières de Taizé à Lausanne mais il y en a sur toute la région !

Ici un chant : Nada te turbe :

podcast
 

mercredi, 15 novembre 2006

Jésus

Ceci est un extrait du film la Passion, avec une chanson, dont le titre en français est : Car Dieu est un dieu puissant.

J'ai beaucoup aimé ce film, mais s'il est vraiment violent, et que personnellement, je n'ai pas pu m'identifier aux souffrances de Jésus, c'était trop. Et même dans ce clip, il y a des passages que j'ai de la peine à voir. 

Néanmoins, ce film m'a fait réalisé ce que le Christ a enduré pour moi, pour toi aussi, si tu veux le reconnaître. 

Enfin ce qui est assez magistral dans ce clip c'est de dire que Dieu est tout puissant, et de montrer comment il s'est donné pour nous, parce que c'était le seul moyen de nous rétablir le contact entre lui est nous. 


 

En conclusion, je laisse cette citation (dont je ne trouve plus la référence) :On ne me prends pas la vie, je la donne 

lundi, 04 septembre 2006

Écouter c'est...

J'ai aimé ce texte, peut-être parce qu'on ne sait plus écouter, peut-être parce que j'aime écouter, et être écoutée...

Merci à ceux qui m'ont écoutée même dans mes silences, merci à ceux qui m'écouteront, et merci à ceux que j'ai écouté, parce que vous m'avez aussi beaucoup apporté. 

 

Écouter c'est...


Écouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions
faire à quelqu'un... C'est lui dire, non pas avec des mots, mais
avec ses yeux, son visage, son sourire et tout son corps:
tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux
que tu sois là... Pas étonnant si la meilleure façon pour une
personne de se révéler à elle-même, c'est d'être écoutée
par une autre!

Écouter, c'est commencer par se taire... Avez-vous remarqué
comment les "dialogues" sont remplis d'expression du genre:
"C'est comme moi quand..." ou bien "Ça me rappelle ce qui
m'est arrivé..." Bien souvent, ce que l'autre dit n'est qu'une
occasion de parler de soi. Écouter, c'est commencer par arrêter
son petit cinéma intérieur, son monologue portatif (...).

Écouter, c'est vraiment laisser tomber tout ce qui nous occupe
pour donner tout son temps à l'autre. C'est comme une promenade
avec un ami: marcher à son pas, proche mais sans gêner, se laisser
conduire par lui, s'arrêter avec lui, repartir avec lui, pour rien,
pour lui.

Écouter, ce n'est pas de chercher à répondre à l'autre, sachant
qu'il a en lui-même les réponses à ses propres questions. C'est
refuser de penser à la place de l'autre, de lui donner des conseils
et même de vouloir le comprendre.

Écouter, c'est accueillir l'autre avec reconnaissance tel qu'il se
définit lui-même, sans se substituer à lui pour dire ce qu'il doit être.
C'est être ouvert à toutes les idées, à tous les sujets, à toutes les
expériences, à toutes les solutions, sans interpréter, sans juger,
laissant à l'autre le temps et l'espace de trouver la voie qui est la sienne.

Écouter, ce n'est pas vouloir que quelqu'un soit comme ceci ou comme
cela, c'est apprendre à découvrir ses qualités qui sont en lui spécifiques.
Être attentif à quelqu'un qui souffre, ce n'est pas de donner une solution
ou une explication à sa souffrance, c'est lui permettre de la dire et
de trouver lui-même son propre chemin pour s'en libérer.

Écouter, c'est donner à l'autre ce que l'on ne nous a peut-être
jamais donné: de l'attention, du temps, une présence affectueuse.



Auteur: André Gromolard

samedi, 08 juillet 2006

Toi Suis-Moi !

Toi suis-moi

 

Suis-Moi malgré la douleur tout l’amour que peut te promettre un humain, malgré tout le bonheur qu’il peut t’apporter ! Moi, je te donnerai beaucoup plus que cela !

 

Suis-Moi malgré la douleur que lui inspire ton refus, malgré la douleur qui déchire ton cœur, malgré cette souffrance qui met à nu vos deux cœurs, malgré les larmes et la détresse de cette minute et les souvenirs déchirants et tous les regrets qui meurtrissent un cœur humain, toi, suis-Moi !

 

Suis-moi parce que je t’aime, Moi ton Dieu, Ton sauveur ; je t’ai voué un amour éternel, et te conserve toutes Mes Bontés ! L’homme le plus épris, le plus honnête et sincère ne peut pas t’aimer comme Moi qui ai donné Ma Vie pour te sauver de l’éternel tourment !

 

C’est Moi ton Divin Maître, qui requiers le droit de te posséder, de te prendre dans mes bras lorsque tu seras lassée de la route ! Je t’aime d’un amour sublime et inexprimable, ma petite brebis chérie, toi qui me suis jour après jour !

 

 

Lily Blamer, Nanny 

vendredi, 21 avril 2006

Je crois...

medium_jesus-christ.2.jpgJe crois...

Je crois que Jésus Christ est mon sauveur. J'avais 15 ans, je ne croyais plus à rien. Prête à en finir avec ma vie, j'ai redécouvert quelques versets qui m'ont sauté aux yeux comme étant la seule vérité possible.

Je ne pourrais vous expliquer de manière rationnelle ma conversion, ce que je sais maintenant comme une certitude, c'est que Dieu existe, qu'il est vivant, et qu'il aime tous les hommes. Que le seul moyen d'être sauvé, c'est de croire à la mort de son fils pour nous fautes, et à sa résurrection.

Je mets ici, la confession de foi des AESR, Assemblée Evangélique de Suisse Romande, dont mon église fait partie.

Préambule

En confessant notre foi, nous voulons glorifier Dieu et proclamer son amour. Nous ne connaissons qu'en partie, et notre confession est une réponse humaine et limitée à la Parole éternelle de Dieu. Nous adhérons au credo de l'Eglise des premiers siècles, nous reconnaissons la valeur des grandes confessions de foi de la Réforme, et nous affirmons en nos propres termes ce que nous croyons fermement.

Dieu

Nous croyons en un seul Dieu éternellement vivant, personnel, souverain : Père, Fils et Saint-Esprit, tel qu'il est révélé dans les Saintes Ecritures. Dieu est lumière, Dieu est amour, Dieu est esprit.

Le Père

Le Père, par la volonté duquel tout a été créé, possède l'autorité absolue. Saint, habitant une lumière inaccessible, il s'est révélé aux hommes et les a appelés à marcher selon sa justice. Par Israël, peuple de l'alliance, qu'il a élu, libéré de l'esclavage et conduit par la loi et les prophètes, il a préparé la venue de son Fils, en qui il a fait connaître sa volonté de salut par grâce pour tous les hommes.

Le Fils

Jésus-Christ est le Fils unique et éternel de Dieu. Conçu du Saint-Esprit, il s'est fait homme sans cesser d'être Dieu. Par sa vie, son enseignement et ses miracles, il a révélé l'amour du Père et invité les hommes à la vie nouvelle du Royaume de Dieu. Il a été condamné, lui le seul juste, et a été frappé à notre place ; en mourant sur la croix, il a porté la peine de notre péché. Sa résurrection corporelle a manifesté son triomphe sur les puissances du mal et sur la mort. Glorifié par son ascension auprès du Père, et investi du pouvoir suprême, il continue son oeuvre de médiateur en intercédant pour nous. Il reviendra soudainement et personnellement, au moment fixé par le Père et connu de lui seul, pour rassembler son Eglise, pour juger tous les hommes vivants et morts, et pour établir son règne éternel de gloire, de justice et de paix, auquel il associera tous ceux qui lui appartiennent.

Le Saint-Esprit

Le Saint-Esprit rend actuelle et personnelle en l'homme l'oeuvre du salut en Christ. Il provoque la repentance de celui qui le reçoit, et le fait naître à une vie nouvelle. Il agit dans le croyant et dans l'Eglise pour tout ce qui concerne la connaissance, la croissance, le service et le témoignage.

La Bible

Nous croyons que la Bible est la Parole de Dieu qui nous révèle son plan de salut en Jésus-Christ. Par son Esprit, Dieu a conduit les écrivains sacrés dans toute la vérité. Par conséquent, l'Ecriture sainte, elle seule, est revêtue de l'autorité divine et l'Eglise s'y soumet entièrement et en tout. Le secours de l'Esprit est indispensable pour étudier, comprendre et mettre en pratique la Parole de Dieu.

L'homme

Nous croyons que l'homme a été créé par Dieu pour vivre en communion avec lui. Rejetant l'autorité divine sur lui, l'homme est tombé au pouvoir de Satan ; dans sa culpabilité, il est séparé de Dieu. Mais Dieu ne lui retire pas sa miséricorde : il continue à veiller sur sa création, et il offre sa grâce à tous. Cependant, celui qui refuse cette grâce demeure sous le jugement de Dieu.

Le salut

Le salut est le don de Dieu, fondé sur le sacrifice de Christ à la croix, et saisi par la foi. Pardonné, le croyant entre dans une nouvelle relation avec Dieu. Rempli du Saint-Esprit, il peut vivre de la vie de Christ et marcher selon la volonté de Dieu. La plénitude de son salut sera manifestée quand Jésus-Christ reviendra.

L'Eglise

L'Eglise universelle est composée de tous ceux qui, au travers des âges et dans toutes les nations, ont été rachetés par Jésus-Christ. Elle trouve son expression visible dans des églises locales. Signe du royaume, elle a pour mission de glorifier Dieu dans la louange, le service et le témoignage.