jeudi, 10 janvier 2008
Je suis une légende (Film 2007 avec Will Smith) [Spoiler]
Comme le titre l'annonce, il s'agit de Je suis une légende, la version qui est sortie à la fin de l'année passée avec Will Smith. L'histoire (la diégèse) est tirée d'un roman de science-fiction de Richard Matheson (1954), et a déjà été adaptée au cinéma en 1964, 1971 et en 2007.
La version actuelle est très différente du livre où il est question de vampires, et d'une réflexion sur la place de l'être humain, dans la chaîne de l'évolution darwinienne.

La théorie de l'évolution n'étant pas trop à la mode sous les latitudes étasuniennes, on trouve beaucoup d'éléments bibliques ou manichéens dans ce film et une morale à tirer qui me fait un peu peur... peut-être plus que le film lui-même.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.
Ses innombrables ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin...
Éléments bibliques
Quelques parallèles avec le péché originel : il est introduit par une femme. Détail au combien misogyne, quoiqu'on pourra en rediscuter, mais dans le film, il m'apparaît comme tel. Enfin, cette jolie doctoresse me semble être une Ève des temps modernes qui a croqué à la pomme de la connaissance (dans la Bible il s'agit du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal) et qui croit que c'est une solution ou un bienfait pour l'humanité. Ce qui va se révéler en fait être une véritable catastrophe.
-Les conséquences du péché : après trois ans, tous les êtres humains (90 %) sont contaminés. Ils deviennent donc des méchants zombies, sont très violents et vivent la nuit. (Enfin, surtout ils ne supportent pas les UV qui leur causent immédiatement d'atroces brulûres).
(On peut interpréter cette vie nocturne comme normale chez un zombie, comme une réminiscence des vampires de Matheson, ou bien comme les pécheurs, qui se cache pour faire le mal, mentir, etc. et qui ne peuvent pas supporter le "soleil de la vérité").
De plus, les mutants deviennent des as de la fourberie, en tendant un piège au héros.*.
-Le sacrifice et la trinité :
On tombe sur le grand classique du dernier humain survivant qui se sacrifie pour tous les autres ou du héros qui sauve l'humanité par son sacrifice. Brave Robert qui se sacrifie pour l'humanité..
Oui mais dans l'histoire, disons que je ne comprends pas la nécessité de sa mort, à part ajouter du pathos au film.
Et la trinité, c'est un peu tiré par les cheveux de ma part, mais je trouve également intéressant qu'il y ait à ses côtés dans un premier temps, sa femme et sa fille, puis Anna et son fils.
Sauf qu'au lieu du sacrifice volontaire du fils, on a le sacrifice du père... on s'éloigne un peu des évangiles...
-Allusions diverses
La scène de la mort du chien est assez cynique d'une certaine manière et me rappelle Matthieu 18:9-10. Mais là, c'est peut-être un peu moi qui pousse. Et il était assez évident que s'il ne tuait pas son chien, il ne survivrait pas.
Dieu m'a dit qu'il y a un foyer de survivant dans le Vermount...
Je trouve que dans le film, Anna passe vraiment pour une illuminée à ce moment-là. Même si c'est vrai... c'est assez "facile" comme manière de faire.
-Ce n'est pas Dieu, c'est nous qui l'avons fait. Réplique intéressante de R. Neville, Dieu n'est pas responsable de nos malheurs ni de la souffrance, il nous laisse assumer nos choix et leurs conséquences.
D'ailleurs parallèlement, je trouve aussi surprenant qu'il y ait tout de même un petit nombre d'élu qui n'est pas contaminé...
-Enfin le remède contre le virus est dans le sang. Oki c'est celui d'un zombie, mais le remède est quand même dans son sang. Ça me rappelle vaguement autre chose...
Le paradis... et parallèles avec la politique américaine
Le film se termine sur l'arrivée d'Anna et son fils devant deux grandes portes noires, blindées, qui s'ouvrent lentement sur un camp militaire. Lever de soleil sur le clocher d'une église, porte gardée par deux jolis soldats armés.
C'est un paradis étrange dans lequel je n'aurai pas franchement envie d'aller...
J'en tire les hypothèses suivantes, toujours peut-être capillo-tractées, mais j'assume, ce sont mes idées.
-Le sacrifice de Neville permet d'aller au paradis (comme celui du christ).
-Le paradis est gardé par l'armée (américaine, il y a même un drapeau qui flotte).
La question qui se pose maintenant est : maintennat qu'ils ont le remède, que vont-ils faire ?
Sauver toutes les nations en capturant les zombies et en leur inoculant le remède de force ?
Je ne veux pas faire de l'anti-américanisme primaire, mais simplement soulever ce qui m'a dérangée dans le film. Il y a pas mal d'éléments que je trouve bizarre ou déplacé. J'ai l'impression qu'on veut nous faire passer un message, auquel je n'adhère absolument pas. Contre le mal/les méchants, les terr.....istes, rien ne vaut le "remède" quel qu'il soit, vu que c'est la seule bonne solution.
Mais de l'autre il me semblait important de montrer ce qui se cachait derrière.
* C'est ma scène favorite du film !
08:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : je suis une légende, will smith, i am a legend, film, 2007, cinema
mardi, 14 août 2007
Films de filles
Fim de filles
Drôle d'expression qui ne veut rien et tout dire à la fois. Un peu condescendante, mais je l'utilise avec une certaine ironie je dois dire. Je suis une fille et j'aime les films de filles ! Point. Je crois que c'est dans la bouche de Jr que je l'ai entendu la première fois. Film de fille désigne généralement, une comédie sentimentale, une histoire à l'eau de rose, ou n'importe quel autre film qui nous ferait pleurer comme une madeleine. Il faut un bel acteur, une belle actrice, une histoire d'amour impossible, et un happy end (ou pas... comme ça on peut vider la boite de mouchoir, et finir la plaque de chocolat sans remords).

Il est des coups de coeur qui ne s'explique pas. Des coups de tonnerre dans un ciel bleu. Emma l'entremetteuse, est pour moi l'un d'eux. Film tiré d'un roman de Jane Austen, auteur anglaise que je suis en train de découvrir, il raconte les déboires d'une jeune fille de la bonne société du XIXe qui cherche à trouver un prétendant pour l'une de ses amies.
L'intrigue n'est pas exceptionnelle, et à proprement parler, il y a sans doute de plus grand chefs-d'oeuvre que ce film. Emma a un caractère détestable (doublé d'une voix horripilante pour la VF), et certains personnages ne sont guère mieux. Mais, si je l'ai tant aimé, ce n'est ni pour son intrigue, ni pour les acteurs (qui sont au demeurant excellents), mais pour l'atmosphère délicieusement maniérée et raffinée qui est dépeinte. Les personnages se trouvent, conversent, se disputent, le tout avec une retenue et un style qui, à mes yeux de jeune fille du XXIe, frise le ridicule, et qui paralèllement charme mon coté fleur bleue.
L'ayant d'abord vu toute seule, puis revu en compagnie de ma petite soeur de coeur, ce film est devenu "culte" pour nous. Les répliques sont irrésistibles, le décor est charmant, et tout concourt à faire de ce film un moment inoubliable.
Après mon engouement pour Emma, on m'a proposé de voir Pride and Prejudice. Au vu de mon coté fleur bleue, ce film avait tout pour me plaire. En effet je n'ai pas été déçue, c'est au chef d'oeuvre ! A mon sens, il a un style, une histoire, et un genre qui font de ce film quelque chose de beaucoup plus dramatique et majestueux qu'Emma. Mrs Benett a mis au monde 5 filles, et son principal souci dans la vie est de leur trouver un mari. Un tourbillon de bal, de coeur pris ou brisé dans lequel la seconde fille va tomber amoureuse de l'homme le plus improbable : le très froid et orgueilleux Darcy. Cet amour sera t'il possible ?
Question que l'on se pose tout au long du film. On garde cette même ambiance légère, frivole, où il est sans cesse question de bal, de robes, de fiançailles ou de mariage, et sur cet arrière-plan, on place deux caractères nobles, passionnés, froids, fier et obstiné. Le résultat est magnifique ! J'ai adoré ! Que dire de plus... ?
Pour continuer le cycle des adaptations des romans de Jane Austen, le dernier film vu est Sense and Sensibility. Après la légèreté d'Emma, et le sérieux de Pride and Prejudice, j'avais des attentes sur ce film qui malheureusement m'a un peu déçu. Une maisonnée qui n'a que des filles, se trouve dépossédée de ses biens, et obligée d'aller vivre à la campagne. Le commencement se passe dans les larmes, et l'on se demande comment les deux jeunes filles parviendront à faire un mariage. Elinor et Marianne, que leur caractères opposent, l'une est réservée, calme, et raisonnable, l'autre est extravertie, romantique et passionnée, partagent une profonde amitié. Toutes deux ont leurs histoires d'amour qui pourraient les sauver de la misère, quand soudain, le prétendant de Marianne disparaît...
Bien entendu, on retrouve cette atmosphère que j'aime tant, les belles robes, les bals, les histoires d'amour... mais avec pour moi un goût de déjà vu au niveau de certains éléments dans l'intrigue, l'impression de retrouver quelque chose de Pride and Prejudice en moins bien. Notamment, le belâtre qui a fait du mal à la jeune protégée de l'homme dont l'héroïne va tomber amoureuse (La soeur de Darcy / la jeune protégée du Colonel Brandon). Enfin, un bon film tout de même, j'ai aussi passé une bonne soirée, mais je l'ai trouvé un peu trop prévisible.
Et maintenant quittons le monde du XIXe, les romans de Jane Austen pour nous interesser au monde d'aujourd'hui. Un film que j'ai vu, revu, rerererevu et rerererererererevu. Au premier abord, je me suis dit pfff, encore un film de fille un peu mièvre, mais au fil de l'histoire, j'ai découvert que c'était beaucoup mieux que ça.
A walk to remember est l'histoire de Landon Carter, prototype du jeune lycéen cool, chef de bande, orgueilleux et beau gosse, et de Jamie Sullivan, fille de pasteur et canard boiteux de l'école. Ils commenceront par faire un partenariat pour apprendre leur rôle dans la pièce de théâtre de l'école. Sans surprise, ils finissent par tomber amoureux l'un de l'autre. Si le film s'arrêtait là, ce serait encore un de ces films à l'eau de rose... Sauf que ce que va donner une touche bien plus dramatique et sérieuse au film, Jamie est atteinte d'une maladie incurable, et le temps leur est compté.
C'est une tragédie romantique d'une certaine manière, mais j'ai aimé le fait que les personnages ne soient pas complètement stéréotypés. Ils ne sont pas parfaits, mais sont simplement des gens comme tout le monde qui essayent de faire du mieux qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont entre les mains. C'est un film très beau, très émouvant, et bien au delà des "clichés" sur les films de filles.
At last but not least, Because I said so est le dernier film du genre que je suis allée voir. Une mère poule qui cherche le prétendant parfait pour sa fille. Léger, drôle, avec des moments un peu plus sérieux. Un film très sympa mais sans plus.
15:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : A walk to remember, Because i said so, jane austen, pride and prejudice, sense and sensibility, emma



